2014 - Autres Narcisses, Théâtre de l'Union, Limoges

  • Imprimer

Galerie du Théâtre de l’Union
20, rue des Coopérateurs, 87100 Limoges – t. 05 55 79 74 79

Exposition 16 septembre - 12 novembre 2014

Vernissage mercredi 15 octobre 2014 à 19h

  • Véronique Boudier, Nu au Nutella, 1996 Photographie couleur marouflée sur aluminium, 100 x 150 cm Collection FRAC Limousin ©V. Boudier
  • Gilles Mahé et Associés S.A, Gilles en Lampadaire, 1990-1991 6 photocopies couleur A4 marouflée sur carton plume, cadre en bois doré.135 x 100 cm. ©Freddy Le Saux. Collection FRAC Limousin


Luc Andrié, Véronique Boudier, Nina Childress, Richard Hamilton, Barbara & Michael Leisgen, Gilles Mahé.
Autoportraits photographiques et picturaux en lien avec l'exposition "Persona - Autofigurations, doubles, masques et fictions autobiographiques" présentée au FRAC Limousin.

L'exposition « Autres Narcisses » est un satellite de « Persona » présentée dans la galerie des Coopérateurs jusqu'à la fin du mois d'octobre.
Le thème général de l'autoportrait et les catégories explorées par la commissaire Natacha Pugnet (autofigurations, doubles, masques et fictions autobiographiques) trouvent dans cette présentation des prolongements à caractère à la fois performatif et publicitaire, et quelques exemples d'introspection picturale.

Les trois petits livres réalisés entre 1972 et 1977 par l'anglais Richard Hamilton (1922-2011) reposent sur un processus simple et original. Lors de sa première rencontre avec Roy Lichtenstein, celui-ci lui offrit un appareil photo Polaroïd. Hamilton décida alors qu'à chaque future rencontre avec un artiste, il demanderait à son interlocuteur de lui « tirer le portrait ». D'où cet ensemble d'une centaine de clichés où défile toute l'avant-garde de l'époque, témoignage des échanges intellectuels et amicaux d'une génération d'artistes et en même temps portrait de l'artiste par ses amis.

Le couple allemand Barbara et Michael Leisgen (1940 et 1944) s'est notamment fait connaître pour ses recherches photographiques liées au cosmos, au mouvement du soleil et de la terre, dans une perspective parfois proche du Land-art des années 70. Ce grand portrait de Michaël Leisgen, photographié par sa femme Barbara, montre son visage très agrandi, les yeux fermés, très concentré. Sur le grand tirage en noir et blanc, un signe primitif et légèrement dissymétrique a été peint qui accentue l'expression hiératique de sa méditation.

Gilles Mahé (1943-1999) fut une comète dans le paysage artistique des années 80 et 90. Mêlant vie privée et actions publiques, l'artiste réalisa beaucoup de performances et de mises-en scène déguisées. Dans cet autoportrait en lampadaire, il rejoue avec humour et décontraction la figure historique de Cupidon (et aussi de l'homme-objet) grâce à son outil favori, la photocopieuse.

Avant de s'adonner régulièrement à la peinture, le suisse Luc Andrié (né en Afrique du Sud en 1954) fit une carrière dans le cinéma documentaire, ce qui explique sans doute en partie le soin apporté aux cadrages et aux contrastes lumineux dans ses tableaux. L'autoreprésentation est un motif fréquent chez lui et, un peu comme son comparse Urs Lüthi, il se présente souvent sous des airs peu avantageux, soit maladroit, soit ridicule, même s'il ne considère pas ses tableaux comme des autoportraits.

Véronique Boudier (née en 1961) a réalisé également des performances, des sculptures, des films et des vidéos. Son sens du spectacle lui vient peut-être de ses origines circassiennes. Pour cette mise-en-scène doublement classique (le nu et la nature morte) et publicitaire (autant dans le choc de l'image que dans l'aspect slogan du titre) l'artiste s'auto-représente autant comestible que vénéneuse.

Nina Childress (née en 1961) veut travailler tous les registres de la peinture et s'appuie souvent sur des images imprimées. Ce double portrait a été réalisé à quatre mains. A gauche, un portrait par sa grand-mère Doris de Nina adolescente façon Renoir. A droite, une reprise du même portrait façon expressionniste punk par la jeune peintre frondeuse. La rencontre des deux tableaux, en plus de rappeler les jeux visuels du type « jeu des sept différences », met également en évidence cette vieille question des styles picturaux entre lesquels l'artiste hésite toujours, encore aujourd'hui.