Collection en mouvement, Camelote et déchets, les effets du déplacement systématique (assemblages et collages, 1995-2020), Argentat

Médiathèque intercommunale

Place Joseph Faure, 19400 Argentat


Exposition du 29 septembre au 20 novembre 2021
Présentation de l’exposition le mercredi 29 septembre à 18h par Yannick Miloux, directeur artistique du Frac-Artothèque.

Avec les oeuvres de : Madeleine Berkhemer, Brian Belott, Stéphanie Cherpin, Thierry Costesèque, Grégory Cuquel, David Evrard, Hippolyte Hentgen, Lili Lulay, Anita Molinero, Jessica Stockholder.
Collections du FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine

Hippolyte Hentgen 1.2.3Hyppolyte Hentgen
De la série 1, 2, 3, 2017
Collage sur papier, 29,5 x 24,5 cm
Collections FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine
© Adagp, Paris
Photo : Galerie Sémiose
 

 

A partir de 1908, Braque et Picasso importèrent des fragments de réel dans la peinture et le dessin grâce à leurs « papiers collés ». Systématisés ensuite par Kurt Schwitters et dans des formes élargies à l’espace, du relief à la sculpture jusqu’à envahir la maison tout entière, du poème Merz à la Ursonata, le collage et l’assemblage furent explorés en profondeur par de nombreux artistes dada et surréalistes et constituent, à ce titre, les ressorts les plus féconds de la modernité. Il suffit de consulter le fameux ouvrage « The art of assemblage »(1) publié en 1961 par le Moma de New-York pour appréhender cette tendance majeure de l’art moderne telle que célébrée par les artistes Pop, Nouveaux Réalistes et autres Junk Artists (artistes de la récupération) des années 1950 et 1960.
A partir de 1908, Braque et Picasso importèrent des fragments de réel dans la peinture et le dessin grâce à leurs « papiers collés ». Systématisés ensuite par Kurt Schwitters et dans des formes élargies à l’espace, du relief à la sculpture jusqu’à envahir la maison tout entière, du poème Merz à la Ursonata, le collage et l’assemblage furent explorés en profondeur par de nombreux artistes dada et surréalistes et constituent, à ce titre, les ressorts les plus féconds de la modernité. Il suffit de consulter le fameux ouvrage « The art of assemblage » publié en 1961 par le Moma de New-York pour appréhender cette tendance majeure de l’art moderne telle que célébrée par les artistes Pop, Nouveaux Réalistes et autres Junk Artists (artistes de la récupération) des années 1950 et 1960.
En 2015, un livre intitulé « The Ends of Collage » fut édité par le critique d’art Yuval Etgar, à savoir une sélection de dix-neuf textes essentiels sur le sujet. Artistes, théoriciens et historiens sont réunis dans ce livre qui parcourt tout le XXème siècle. On y trouve les noms de Max Ernst, Jean Arp, Louis Aragon, Clement Greenberg, Benjamin Buchloh, en passant par Richard Prince, Sherrie Levine et Martha Rosler. Cet ouvrage donne une perspective critique à une nouvelle génération d’artistes des images (« Pictures Generation ») apparue à la fin des années 1970 aux Etats-Unis. L’intérêt de ces artistes pour une imagerie reconnaissable après les artistes minimal et conceptuel était manifeste, et des techniques issues de la publicité firent leur apparition, la rephotographie, par exemple. Dans son texte de présentation, Etgar insiste sur l’actualité du collage : « Par-dessus tout, le collage offre des significations à finalité idéologique en examinant de manière critique la culture matérielle et visuelle d’une période, en questionnant et en élargissant son horizon ». D’après Etgar, « le collage n’est pas seulement un medium, mais une forme d’expression qui peut apparaître et réapparaître à différents moments et en différents lieux de l’histoire, les artistes opérant pendant des périodes de changements techniques et idéologiques en tirant avantage de l’incertitude qui les accompagne»(2).

L’exposition « Camelote et déchets, les effets du déplacement systématique », s’appuie sur ces deux ouvrages pour réunir un ensemble de collages, de reliefs, de tableaux et d’assemblages des vingt-cinq dernières années, des années 1995 à 2020, de trois générations d’artistes européens et américains. Anita Molinero (née en 1953) et Jessica Stockholder (1959), puis Thierry Costesèque (1970), David Evrard (1970), Madeleine Berkhemer (1973-2019), Brian Bellott (1973), et les plus jeunes, Stéphanie Cherpin (1979), Hippolyte Hentgen (1977/1980), Grégory Cuquel (1980) Lilly Lulay (1985), les artistes réunis dans cette exposition témoignent de l’énergie toujours vivace du collage et de l’assemblage en ce début du nouveau siècle.

Les particularités techniques du collage en tant que médium sont mises en évidence. La variété des découpes s’adapte aux contours des images, comme chez Madeleine Berkhemer, ou, au contraire, les tranchent à vif, comme chez Lili Lulay.  Les masques et autres fenêtres font s’enchevêtrer les images ou les mettent en abîme à différentes profondeurs (Hippolyte Hentgen). Coller des objets domestiques sur le tableau est une façon pour Brian Belott d’actualiser certains gestes dadaïstes, et pour David Evrard, de faire cohabiter ses préoccupations d’écrivain, de plasticien et de vidéaste. Son œuvre tient à la fois du script, du scénario et de l’échantillon de formes allusives. Pour Grégory Cuquel, le recyclage des formes, des images découpées et de leurs chutes est une tentative de mettre la recherche plastique en mouvement perpétuel, avec humour et détachement.
Pour la part tridimensionnelle, les assemblages d’objets, de matières et de couleurs, les hybridations de textures et les découpes des sculptures nous amènent à explorer de nouvelles sensations. Ainsi, la sculpture « Negative Creep » de Stéphanie Cherpin est bien constituée d’éléments indentifiables (trampoline, volets métalliques, etc.) mais qui ont été malmenés, tordus, basculés, tagués, comme après un ouragan. Ou la sculpture de Jessica Stockholder qui montre tous ses ingrédients en proposant simultanément, par l’accumulation, l’assemblage et la peinture, une nouvelle organisation plastique. Ou encore les sculptures de Molinero basées sur les contrastes de matières, de textures et de couleurs qui hybrident nos sensations.
La transformation du collage en peinture peut passer par l’agrandissement, à savoir la projection du format intime à la dimension publique du tableau. Les collages de fragments d’images proches du carnet de voyage deviennent « cinématographiques » chez Thierry Costesèque. Le beau format « Tableau pour Anita » d’Hippolyte Hentgen est dédié à une artiste phare de la génération précédente, Anita Molinero, célébrée aujourd’hui pour ses assemblages énergiques, hauts en couleurs et en plasticité. Cette peinture est à la fois une collection de signes et d’images et une sorte d’inventaire des différentes façons de les peindre. Divisé en deux parties, le tableau montre successivement deux séries verticales de formes géométriques déduites d’un volume partiellement estompé, un fragment dessiné de boutonnière de chemise, deux bandes verticales blanche et bleue au centre, un personnage concentré sur ses deux index qui mesurent l’espace, et dans une part semi-sphérique à droite, la vue du pignon en noir et blanc jauni d’un pavillon aux volets ouverts. Le déroulé dynamique de ces fragments d’images fonctionne comme un rébus où il est question de vision, de transparence, d’opacité, d’ajustement, de rythme, d’enchaînements, de déplacements, de glissements.

 

Une citation de Max Ernst, citée en exergue du livre « The Ends of Collage », paraît d’une pertinente actualité. S’essayant à une définition du mécanisme du collage, il écrit : « Je suis tenté de voir dans le collage l’exploitation du hasard qui fait se rencontrer deux réalités distantes sous un jour non-familier ou, pour utiliser une formule plus courte, la culture du déplacement systématique et de ses effets ». (3)

Notes :
1) « The Art of Assemblage », Moma New York 1961
2) Yuval Etgar : « The Ends of Collage », ed. Luxembourg & Dayan, London 2017, p.15
3) Max Ernst : « Beyond Painting », repris dans « The Ends of Collage », op. cit. p. 128

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