Collection en mouvement, Son et vision, une exposition audio-visuelle, Panazol

Médiathèque de Panazol

1, place Achille Zavatta
87350 Panazol

Exposition 29 avril au 17 mai 2021


Dobler Vibram webAndreas DOBLER
Vibram, 2007
Acrylique sur toile
240,5 x 205 cm
© Adagp, Paris
Crédit photographique : Frédérique Avril
Collections FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine





















Œuvres de : Saâdane AFIF, Flora BASTHIER, Stéphane BÉRARD, Damien DEROUBAIX, Andréas DOBLER, Rainier LERICOLAIS, Christian MARCLAY, Véronique RIZZO, Kelley WALKER.
Œuvres des collections FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine.

L’idée principale de cette exposition consiste en un choix d’œuvres plastiques diverses (sculptures, objets, peintures, dessins, affiches, éditions et vidéos) se situant à la frontière de l’ouïe et de la vue, pour examiner en détail les liens entre ces domaines sensoriels. La majorité des artistes exposés est née dans les années 1960-70 et partage de nombreuses préoccupations liées, en particulier, à la diffusion dématérialisée de la musique.

Certains ont besoin d’un environnement musical pour peindre dans l’atelier. C’est le cas d’Andréas Dobler, artiste suisse bien connu (né en 1963, vit à Zürich) qui a reçu une formation de peintre mais travaille également dans les domaines du cinéma, de la musique électronique, du dessin et du théâtre. Puisant dans les stéréotypes culturels et les images préfabriquées, issues de la musique, des films d’horreur, de la science-fiction ou de l’histoire de l’art, ses peintures sont des espaces de projection qui associent désir et anxiété.

D’autres se servent de la musique pour monter des enchaînements d’images en mouvement sous forme de vidéo-clips. Véronique Rizzo (née en 1963, vit à Marseille) pratique la peinture, le dessin, la sculpture, l’écriture et l’installation. Au début des années 2000, elle s’est aventurée dans le travail de réalisation et de montage d’images numériques. La mise en mouvement d’images géométriques associée à des morceaux de musique moderne ou pop lui permet d’explorer des espaces picturaux nouveaux où l’aléatoire, le rythme et la luminosité des couleurs s’associent harmonieusement, comme en écho à la musique.

D’autres sont à la fois musicien et plasticien et font d’incessants allers et retours entre les deux registres. Christian Marclay, né en 1955 en Californie, vit à Londres, s’est d’abord fait connaître comme musicien, percussionniste et platiniste, et instrumentiste dans différents groupes de musique expérimentale. D’abord par la sculpture, puis par le film et la photographie, Marclay a élargi son répertoire aux arts visuels. Ses œuvres sont souvent basées sur des collections d’images (photographiques, publicitaires, extraites de films) ou d’objets (pochettes de disques, bandes magnétiques, etc.). En résidence à Berlin, Marclay a encollé plusieurs centaines de partitions vierges dans différents quartiers de la ville, puis est retourné sur les lieux de ses affichages pour photographier ce qu’en avaient fait les passants. De cette collecte photographique, cent cinquante tirages photographiques ont été choisis par l’artiste pour constituer cette édition. Notons que Marclay a fait interpréter ces partitions photographiées par un orchestre.

Pour sa génération, Rainier Lericolais est également une sorte de Janus, autant musicien que plasticien. Né à Châteauroux en 1965, Lericolais est passionné de musique au sens large, de la musique concrète à l’avant-garde électronique en passant par la pop, le jazz et les musiques improvisées. D’abord assistant d’artiste, Lericolais a développé un répertoire visuel très inventif, du collage à l’expérimentation photographique, de la sculpture sonore à la « dépeinture » à l’eau sur papier. Les deux sculptures présentées sont des répliques de piano en carton ondulé dont tous les éléments ont été soigneusement découpés et collés. La vision proposée par l’artiste permet d’entrevoir le cœur des instruments, leur structure interne. Associées à deux portraits délavés de musiciens très importants du XXème siècle, John Cage et Morton Feldman, ces deux sculptures forment une sorte de monument silencieux à leur mémoire.

Flora Basthier, née en 1992, est sortie diplômée de l’ENSA en 2015. Pratiquant le dessin, la sculpture et la vidéo, la jeune artiste expérimente souvent de façon instinctive. Elle peut rouler sur un skateboard sur un papier au sol pour réaliser des empreintes à l’encre (Roller Skate Drawings), dessiner avec la poussière, avec des essuie-glaces, etc. ou tester des transferts de matériaux. Passionnée de musique et d’acoustique, elle a réalisé ces trois dessins à partir d’un diapason en porcelaine. La vibration particulière de cet outil déploie l’encre noire dans un mouvement concentrique à la surface de la feuille de papier et suggère la profondeur.

D’autres s’engagent dans des tentatives de traduction en image ou en volume de morceaux de musique. C’est le cas ici avec Damien Deroubaix (né en 1972, vit à Meisenthal) très connu en France et en Allemagne pour son travail de peintre, graveur et dessinateur. Influencé par l’histoire de l’art, surtout expressionniste, depuis le Moyen-Age jusqu’à aujourd’hui, Deroubaix est aussi un passionné de musique. Cette sculpture en forme de polyèdre est une construction sommaire de dix plaques de contreplaqué où chaque élément a été pyrogravé en son centre. Sur chacune des facettes du volume s’égrène le titre d’un morceau d’un album de Napalm Death, un groupe pionnier du « Grindcore », genre musical issu du punk hardcore en Angleterre dans les années 1980. Le support habituel de diffusion musicale, disque ou cd, prend une dimension concrète supplémentaire en devenant un volume géométrique.

Certains s’attardent sur la valeur iconique et symbolique des instruments. Pour Stéphane Bérard, artiste pluridisciplinaire (né en 1966, vit à Paris) la pratique artistique peut prendre des formes différentes : action photographiée, sculpture d’assemblage, écriture, vidéo, toujours basée sur une observation détaillée de la réalité. Ici, l’artiste a porté son attention sur la musique et la façon dont la publicité a envahi ce domaine comme les autres. Une guitare électrique est présentée à la verticale sous vitrine comme dans un magasin. A y regarder de près, on aperçoit un grand nombre de stickers collés sur la partie basse de l’instrument. Certains appliqués tête en bas, d’autres à la verticale, tous ces autocollants semblent plus ou moins s’emboîter pour saturer la surface brillante de la guitare et évoquer l’omniprésence de la publicité.

L’œuvre de Kelley Walker, né en 1969, vit à New York, est basée sur une ancienne image publicitaire. L’artiste a manipulé numériquement cette image en noir et blanc en y superposant d’abord une bande jaune horizontale opaque, presque au centre de l’image, puis en ajoutant un imbroglio d’éléments enchevêtrés et multicolores à la surface de l’objet photographié, la platine. Cette double opération de caviardage numérique souligne à la fois la platitude de la photographie, par la bande jaune, et la réalité tridimensionnelle de l’objet photographié, certains éléments du puzzle coloré semblant déborder de l’objet. Plus qu’un poster, cette œuvre ancienne de l’artiste est avant tout une licence d’image qui permet de l’imprimer dans des dimensions et sur des supports variés.

Les affiches réalisées par Saâdane Afif (né en 1970 à Vendôme, vit à Berlin) accompagnent les oeuvres performatives de l’artiste depuis une dizaine d’années. Pour chaque concert, performance ou action, Afif met en scène et fait interpréter des chansons et des musiques écrites et composées par des tiers. Les affiches qui annoncent les évènements permettent d’y nommer les contributeurs en plus du lieu et de la date. Chaque affiche fait l’objet d’un travail de création graphique original où les images tramées et la typographie se recouvrent. Leur collection permet de circuler dans la démarche polyphonique de l’artiste.

L’exposition de ces objets, pour la plupart silencieux - sauf les vidéos de Véronique Rizzo dont les musiques deviennent des fonds sonores dans l’exposition - permettent d’appréhender le domaine sonore sous différentes formes : l’écriture musicale, la partition, mais aussi la diffusion du son, l’onde sonore, et ses extensions industrielles, disques, concerts, enregistrements filmiques. Les artistes réunis dans cette exposition explorent des points de vue (et d’écoute) inédits pour mieux capter notre attention.

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