Infodivertissement, Art & Bibliothèque saison 2, Médiathèque de Royère de Vassivière

Médiathèque de Royère de Vassivière

rue Camille Bénassy, 23460 Royère de Vassivière


Exposition du 9 mars au 3 avril 2021

Avec les œuvres de : Jean-Luc ANDRÉ, Laurent CHAMBERT, Barbara KRUGER, Ernest T.
Collections du FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine.

Barbara Kruger FNAC webBarbara Kruger
Sans titre, 1989
FNAC 89106
Commande de 100 exemplaires dans le cadre de la manifestation "Estampes et révolution, 200 ans après"
Centre national des arts plastiques
© droits réservés / Cnap


Pour la seconde année de ce programme d’expositions intitulé « Art et bibliothèque », nous avons élargi la présélection d’œuvres des collections du FRAC et de l’Artothèque. Le thème du livre comme matière première de la création plastique s’est étoffé d’une attention particulière aux journaux, périodiques, revues et magazines qui constituent un environnement médiatique et une ressource culturelle pour de nombreux artistes. Même si aujourd’hui, par la numérisation, la matérialité de la presse évolue, les oeuvres choisies par l’équipe de la médiathèque de Royère de Vassivière témoignent d’une époque, la fin du XXème siècle, où l’influence des mass-médias devient de plus en plus importante. Des artistes de génération différente se confrontent aux phénomènes de saturation médiatique. A une époque où l’information est devenue un divertissement – le fameux « infotainment » anglo-saxon – les oeuvres d’Ernest T., Barbara Kruger, Jean-Luc André et Laurent Chambert peuvent être comprises comme les « produits dérivés » d’un contexte mass-médiatique en constante évolution d’où émergent différents points de vue : ironie, distance, satire ou doute spéculatif.

Ernest T., artiste né pendant la seconde guerre mondiale, a commencé sa carrière professionnelle au sein du service publicitaire d’un grand magasin. Expert de la table lumineuse, il réalisait les affiches pour les campagnes de promotion et les soldes. Encouragé par des amis artistes, il décida de franchir le pas en agrandissant des dessins d’humour parus dans la presse ou sur des éphémérides. Attentif à la rumeur médiatique, il fit aussi paraître de fausses publicités dans des revues d’art, pour affirmer son existence d’artiste. Il entreprit de remettre en scène certains clichés du milieu de l’art en agrandissant des caricatures dessinées et en les rendant plausibles par l’ajout de tableaux géométriques. C’est pour ces dessins d’humour agrandis et augmentés de « Peintures nulles » qu’il est d’ailleurs le plus connu sous le pseudonyme d’Ernest T.. Parmi ses recherches, on trouve une série de « Journaux peints » où l’artiste choisit une page de journal, ici le Journal de Genève, et recouvre de laque les articles sur l’art –critiques d’expositions, résultats de ventes aux enchères, etc.- rendant le texte totalement illisible. Seul le titre subsiste pour imaginer le contenu.

Barbara Kruger, née en 1945, a d’abord été graphiste pour la presse magazine, notamment pour la revue new-yorkaise « Mademoiselle ». Ses connaissances de l’histoire et des techniques de la publicité et du design graphique l’amènent à réaliser des montages photographiques à base de textes percutants et de reproductions photographiques tramées très contrastées puisées des banques d’images. Elle est devenue une artiste très connue internationalement, son oeuvre pouvant être monumentale et se confronter à l’architecture, ou de dimension domestique sous forme de tirages photographiques, voire de produits dérivés. Cette impression fut réalisée en 1989 dans le cadre d’une commande publique nationale pour le bi-centenaire de la Révolution Française. Dans cette affiche, l’impact du slogan et de l’image très contrastée en noir et blanc – « le poids des mots, le choc des photos » - n’est plus au service du commerce des biens mais de celui des idées.

Né en 1955 à Caen où il a effectué ses études à l’Ecole des Beaux-Arts, Jean-Luc André vit à Paris. Sa production pluridisciplinaire comprend à la fois peinture, dessin, sculpture, musique et publication de textes pseudo-théoriques. Cet ensemble de pratiques vient accréditer un univers mental fictif que l’artiste a nommé Baaderbank – pour banque aléatoire de récits - et auquel il a travaillé de nombreuses années, où la fiction entre en collision avec la réalité, souvent le fait divers. Jean-Luc André nomme « Spiroutisations » une série de pages du journal Libération qui subissent un traitement particulier. La page est maculée d’un vernis jaunâtre et sert de fond, d’arrière-plan : l’actualité devient rumeur. D’une photo illustrant l’article, l’artiste caricature le portrait d’un personnage en noir et blanc auquel il redonne la parole par une courte citation tirée du même article. Une tentative de passer l’information et sa relation texte/image au filtre de la bande dessinée et de son message simplificateur.

Laurent Chambert, né en 1967, a étudié le piano classique avant de faire ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Saint Etienne. Son approche de la composition musicale et des créations visuelles est très fortement influencée par la dimension de l’espace et ses possibilités infinies. « Le Moteur » est une recherche entamée en 1998 à partir d’un logiciel d’imagerie numérique. Présentée d’abord sous la forme d’un CD-Rom, cette oeuvre est une sorte d’instrument de vision où un profil humain répété en 72 tranches tourne en boucle autour d’un axe vertical central, dans un mouvement perpétuel. L’effet stroboscopique est maintenu en suspension, dans un défilement régulier et hypnotique de silhouettes en pointillés. Transposée en 2003 sous la forme d’un bottin téléphonique massicoté, l’oeuvre prend une dimension sculpturale et concrètement localisée ; c’est l’annuaire de la Creuse. En 2008, Laurent Chambert en produit une nouvelle version à partir d’un bottin parisien (75011). Récemment, en 2018, une ultime transposition en couleurs a été réalisée à partir d’une ancienne et luxueuse encyclopédie « Tout l’univers ».

Yannick Miloux, directeur artistique.

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