Collection en mouvement, L'artiste et son modèle, Saint-Léonard de Noblat

du 23 février au 9 mai 2022
Prologation jusuq'au 15 juin 2022

Bibliothèque municipale Georges-Emmanuel Clancier

Place Denis Dussoubs
87400 Saint-Léonard de Noblat

 

du 23 février au 30 mars 2022

L’Escalier – espace collaboratif

3 place Gay-Lussac
87400 Saint-Léonard de Noblat

 

Présentation de l’exposition le samedi 26 mars à 11h par Yannick Miloux, directeur artistique du Frac-Artothèque à L'Escalier.

Avec les œuvres de : Nina CHILDRESS, Patrick FAIGENBAUM, HIPPOLYTE HENTGEN, Peter HUJAR, Stéphane LALLEMAND, Lilly LULAY, Robert MAPPLETHORPE, Joan RABASCALL, David SEIDNER, Patrick TOSANI, Alun WILLIAMS.
Collections du Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine

Seidener BDDavid SEIDNER
Portrait de Cindy Sherman, 1974
Photographie, 40 x 50cm (achat en 1986)
Collections Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine.
© International Center of Photography, David Seidner Archive

 

Cette exposition réunit un ensemble d’œuvres variées (photographies noir et blanc, tableaux photographiques, tirages numériques brodés, collages et peintures) autour du thème du portrait et par extension, des relations entre l’artiste et son modèle. Majoritairement photographique, cette sélection témoigne de la variété des approches des artistes vis-à-vis de leurs sujets. Que ceux-ci soient anonymes, et le portrait que leur tire l’artiste les sort de leur condition, ou au contraire des célébrités, des artistes émergents, des critiques d’art reconnus. Saisis dans leur intimité, ces visages fixés par la photographie témoignent d’un moment de relation intense entre le photographe et son modèle. La session a pu être l’occasion d’une conversation amicale ou polie plus ou moins approfondie, doublée de considérations techniques (sur la pause du modèle, les conditions d’éclairage, de cadrage, de décor, etc.). À travers les cinq décennies évoquées par cette sélection, des années 1970 à 2010, on observe une nette évolution des enjeux et des pratiques du genre du portrait, d’abord par la photographie de mode et de studio dans les années 1970, son évolution et ses questionnements vis-à-vis de la peinture dans les années 1980, puis, pour les années 2000, par le collage et la peinture.

Les tirages en noir et blanc des années 1970-80 des américains David Seidner, Peter Hujar et Robert Mapplethorpe témoignent d’une réelle empathie entre les photographes et leurs modèles, des artistes ou critique d’art saisis dans leur intérieur, leur intimité. Ainsi, la photographie de David Seidner montre la toute jeune photographe Cindy Sherman à l’âge de 20 ans. Elle n’est qu’une débutante, qui commence à parodier les « stills » du cinéma, mais la double exposition de son visage qu’a choisie le photographe de mode semble annoncer, à sa manière, tous les futurs portraits déguisés qui la rendront célèbre. Le portrait du jeune peintre prometteur Francesco Clemente, une des stars de la Transavangardia italienne de l’époque, est très subtilement cadré et mis en lumière par Robert Mapplethorphe, laissant penser à un moment de grande sérénité lors de la prise de vue. Le portrait en buste couché de la célèbre critique de photographie Susan Sontag suggère également un moment suspendu, décontracté, propre à la confidence.

Les années 1980-90 montrent des portraits directement en prise avec la diffusion des images. Dans son « portrait inachevé », Joan Rabascall travaille avec des techniques sérigraphiques et d’émulsion photographique sur toile pour réaliser un tableau photographique standardisé où le fait-main ne concerne plus que le cadre.

Les réflexions sur le « tableau photographique » – la photographie comme tableau, dans sa taille, sa composition de l’espace, sa place hiérarchique et symbolique au sein des Beaux-Arts, etc. - occupent une grande place dans le débat artistique de la seconde moitié des années 1980. Les recherches de Patrick Faigenbaum apparaissent sur le devant de la scène après plusieurs séjours en Italie. Venu de la peinture et du dessin, le jeune artiste a abandonné ses pinceaux et ses crayons dans les années 1970 pour la photographie. Ses portraits de familles aristocratiques italiennes dans leur palais le font connaitre très rapidement pour leurs mises en scènes extrêmement élaborées et très picturales. Deux portraits de statues antiques de la même période sont présentés qui montrent la recherche très précise de l’artiste. Des « vies parallèles » sont concrétisées sous la forme de têtes minérales subtilement mises en lumière sur un fond neutre, noir ou blanc, selon la couleur de la pierre.

Les premières recherches de Patrick Tosani sont directement issues de la photographie publicitaire et sont emblématiques d’une tendance photographique qu’on nomma à l’époque la « photographie plasticienne ». Des gros-plans sur des objets parfaitement cadrés et agrandis en montrent tous les détails (des talons de chaussures, des peaux de tambour, des ongles, des niveaux à bulle, des vêtements, des micro-processeurs,) jusqu’au galbe d’une cuillère à soupe traité ici à la manière d’un visage presque générique. Ses recherches évoluent jusqu’à cette série de portraits d’enfants réalisée au début des années 2000 à Damas. Chaque portrait est réalisé de la même manière. Un effet de retournement du vêtement de pluie autour du modèle se transforme en une sorte de corolle autour du visage. C’est la lumière qui traverse le vêtement coloré, laissant le visage à l’arrière-plan, dans la pénombre, à l’inverse de ce que le portrait met d’habitude en avant. Une nouvelle intimité sensible est suggérée, doublée par l’usage des prénoms comme titre. On notera que le titre de l’image agrandie issue de cette série se modifie subtilement en « Territoire ».

Les années 2000 sont celles de la prolifération des images de toute nature et de leur circulation incessante. Pour continuer à exister et à surnager dans ce paysage saturé, certaines artistes s’organisent à deux, comme le duo Hippolyte Hentgen, pour jouer une partition dynamique de la création. Dans la variété de leur production (peinture, sculpture, installation, mise en scène) on trouve une place de choix pour les collages à quatre mains, qui peuvent devenir des matrices pour des peintures, des tirages de papier peint, de tissu, ou des films.

L’artiste allemande Lilly Lulay est connue pour ses collages à partir d’images trouvées, photographies d’amateur, cartes postales, etc. Ses paysages de petit format sont des condensations de fragments d’images. Pour ce portrait, elle donne du relief à une image trouvée, un portrait de grand-mère. L’image agrandie par tirage numérique est travaillée en surface par la broderie subtilement répartie, dans un entre-deux entre effet de pixellisation et mise-en-plis.

Stéphane Lallemand est un artiste alsacien, photographe et sculpteur. Il s’est notamment fait connaitre dans les années 1980 pour ses interprétations d’œuvres classiques sur « télécran », où il dessinait sans repentir des copies de dessins classiques, souvent de nus féminins. Dans cette œuvre de 2009, l’artiste se met en scène de profil en face de son modèle nu. Il reprend la posture de l’artiste de la pré-Renaissance qui cadre son sujet pour organiser son dessin. En donnant corps avec humour à cette scène de recherche sur la perspective dans l’atelier, l’artiste se penche avec la précision d’un savant sur l’intimité de son modèle, et avec une curiosité non dissimulée sur l’origine du monde.

Alun Williams est un artiste de l’investigation. Son œuvre se décline la plupart du temps en ensemble de tableaux autour d’un personnage historique. Dans ce beau format, l’artiste rassemble différentes versions du portrait de la « Fornarina », modèle préféré de Raphaël au début du XVIème siècle. D’abord copié quelque temps après, ce tableau fut repris et simplifié au début du XXème siècle par Picasso, Matisse et presque « caricaturé » par Miro. Les cinq versions depuis le tableau d’origine sont habilement disposées dans un espace intérieur fragmenté (une sorte d’atelier) et conduisent le regard vers une sixième version imaginée par Williams sous la forme d’une modeste sculpture de poussières et autres déchets (sur la table). Dans une mise en abyme historique non dénuée d’humour, le peintre se situe ici comme le dernier maillon d’une chaîne historique de styles et de reprises d’un modèle classique à travers les aléas de l’histoire. Il n’en reste à ses yeux que des rebuts qu’il imagine en statuette-fétiche un peu perdue au milieu des chefs d’œuvres copiés et recyclés de l’histoire de la peinture.

Nina Childress est une artiste très prolifique saluée ces dernières années par de très importantes expositions, dont une rétrospective actuelle à Bordeaux, et par la publication d’une monographie exhaustive de ses 1081 premières peintures. Depuis ses débuts, Nina Childress a travaillé en collectif, puis, seule, a entamé de multiples séries de peintures d’objets domestiques (tupperware, jouets, bonbons, savons…), puis des tableaux flous réalisés en aplats, puis des tableaux d’images imprimées agrandies, tirées de revues de décoration des années 1950/60…avant d’entamer au milieu des années 2000 des séries qui s’appuient sur l’image publique et médiatique de personnalités plus ou moins connues. En 2008-2009, elle réalisa un ensemble monumental de tableaux et de sculptures mis en scène intitulé « Le Tombeau de Simone de Beauvoir » qui fut présenté à Limoges. Le tableau « la haine de la peinture (esquisse) » est extrait de cet ensemble. Il décrit avec passion un moment crucial dans la vie d’Hélène, sœur cadette de la célèbre Simone de Beauvoir. Les relations entre les deux sœurs sont exécrables. L’artiste imagine la colère de Simone lorsqu’elle verra son portrait. À partir d’une anecdote biographique, Nina Childress met en scène un moment crucial dans le processus créatif : l’écart toujours sensible entre l’expression artistique et sa réception, son interprétation.

 

Yannick Miloux, directeur artistique du Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine.

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