2021-2022 L'aNGLE, Lycée d'Arsonval, Brive

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Cité scolaire d’Arsonval, Brive – CPES CAAP
L' aNGLE
Hall du Lycée d’Arsonval
Place 15 août 1944
19100 Brive

Dans la vie sauvage

PROGRAMMATION L’aNGLE 2021-2022
Une série de quatre expositions pédagogiques propose d’explorer sous différentes perspectives la relation art et nature.
Dialogue.1, œuvres de Pilar Albarracin et Kristina Depaulis : du 8 septembre au 12 novembre 2021
Dialogue.2, œuvres de Marinette Cueco et Herman de Vries : du 15 novembre 2021 au 21 janvier 2022
Dialogue.3, œuvres de Michel Blazy et Konrad Loder : du 24 janvier au 18 mars 2022
Dialogue.4, œuvres de Peter Hutchinson et Evariste Richer : du 21 mars au 10 juin 2022

Albarracin
Pilar Albarracin, She wolf, 2006, installation audiovisuelle, collections FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine.

L’art et la nature tissent tout au long de leur histoire des liens ambivalents. Si selon Aristote l’art s’offrait comme une imitation de la nature, la nature elle-même n’était-elle pas quelque œuvre d’art ? Quant à leur opposition de principe, elle fut finalement battue en brèche par la philosophie, peut-être, mais surtout par les artistes. Aussi, cette année, la programmation artistique d’étude à L’aNGLE propose quatre dialogues successifs entre des œuvres où l’idée de nature, l’environnement, le rapport à l’altérité et au vivant sont mis au jour.

Le premier dialogue se joue entre la vidéo-performance de Pilar Albarracin qui réintroduit la figure du loup, à l’image du mythique coyote beuysien, et une photographie de Kristina Depaulis qui met en scène l’une de ses performances issue de la série Echec-envol. L’échec aussi bien que l’utopie d’une tentative de communion entre l’homme et l’animal amènent à la nécessité de penser la notion de culture dans sa pluralité, les cultures humaines en étant une forme parmi d’autres. Il convient bien de cesser d’opposer culture et nature et, avec le philosophe Dominique Lestel, d’envisager ces cultures comme un produit de la nature. Ces œuvres interrogent « les communautés hybrides humain/animal de partage de sens, d’intérêts et d’affects » chères au philosophe.   

Le second ensemble réunit deux œuvres étroitement liées à la contemplation de la nature : un tressage d’herbes de Marinette Cueco et un frottage d’une terre d’Herman de Vries. Les systèmes de nœuds et les entrelacs qui en résultent, réalisés par Marinette Cueco, s’entendent volontiers comme une négociation entre l’artiste et les plantes dont elle fait son matériau. Avec Herman de Vries, c’est la présence même de la couleur, intimement liée à la terre, qui est révélée du bout des doigts. « Il y a des artistes qui utilisent les matériaux naturels. Pas moi. La différence est qu’ils utilisent les matériaux naturels – je ne fais que les présenter. Je n’ai rien à ajouter, rien à changer, je n’ai qu’à respecter – parce que chaque chose dans le monde naturel est révélante » écrit t-il.     
              
Travaillant sur l’incontrôlable et notamment le vivant, Michel Blazy affectionne les métamorphoses incessantes, l’altération des matériaux, leur pourrissement et les dynamiques qui en découlent. Ainsi, ses œuvres peuvent être considérées comme des organismes. « C’est assez merveilleux ce qui se passe là dedans. Il n’y a rien de dégoûtant. C’est simplement la mort qui rencontre la vie, c’est-à-dire la tomate qui dépérit, les champignons qui la colonisent, les insectes qui sont attirés par tout cela et qui viennent y pondre… », précise t-il. Quant à la série de dessins « Limaces », où l’artiste Konrad Loder met à l’ouvrage des gastéropodes qu’il a préalablement enduits d’ocre rouge, elle vient interroger le statut même de l’animal. Faut-il accorder à l’escargot celui d’outil vivant, et s’attacher à la mise à distance du geste de la main ? Konrad Loder s’intéresse particulièrement aux processus de création, ce qui plaide en faveur d’une interprétation plus ouverte où le processus même du vivant se manifeste à travers la trace de couleur que l’animal vient à laisser sur la feuille de papier au cours de sa libre déambulation.          

Intéressé par le cycle de la vie et la mort, Peter Hutchinson a adopté « naturellement » une position écologique, prise dans ce jeu d’équilibre entre le vivant et l’art, selon le philosophe et commissaire d’exposition Gilles A. Tiberghien. Nombreuses de ses œuvres tendent à créer un monde à partir de fragments ou de parcelles du réel assemblés les uns aux autres. Ces associations sont suffisamment ouvertes pour que nous puissions y investir notre propre monde ou nos récits fictionnels. Aussi, le quatrième opus réunit l’installation Megalopolis de Peter Hutchinson et L’éblouissement d’Evariste Richer, le scan d’une découpe d’une pierre de séraphinite. Evariste Richer est lui aussi l’auteur d’une œuvre poétique qui se présente comme une exploration du réel. Mais il s’attache à comprendre notre univers et les mécanismes qui l’ont généré et continuent à l’animer. Il aime traduire dans le champ de l’art des savoirs, des expériences et des outils qui ont à voir avec une approche « scientifique » du monde. Qu’il s’agisse de la géologie, de l’archéologie, de phénomènes physiques, son œuvre se nourrit d’une aspiration à appréhender ce qui nous entoure tout en introduisant une notion de doute sur nos capacités à le cerner, ou le discerner, très précisément. Henry David Thoreau écrivait : « Ce que je me prépare à dire, c’est que dans la Vie sauvage repose la sauvegarde du monde ».       


PROGRAMME D’INTERVENTIONS
Les étudiant.e.s de classe préparatoire (CPES-CAAP), dans le cadre de leur sensibilisation à l’art contemporain, participent à divers programmes de formation et ateliers imaginés et co-construits en étroite relation avec le Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine Limoges. 

L’aNGLE est un espace du lycée réservé à des petites formes d’exposition.
Les étudiant.e.s participent aux accrochages et à des formes orales de médiation. Ils.elles présentent leur expérience et leur réflexion sur les choix scénographiques, proposent à leurs pairs quelques pistes de lecture et de compréhension des œuvres elles-mêmes. 

Découverte des réserves
Une visite des réserves du Frac-Artothèque dévoile d’une manière concrète le fonds et la manière dont les œuvres sont stockées et conservées. La visite de ce lieu permet de mieux comprendre ce qui se pense et se joue dans l’avant et l’après d’une exposition, les conditions matérielles de stockage des œuvres ouvrant à de potentielles formes de création. 

Workshop médiation
Cet atelier de réflexion et de pratique repose sur l’enquête autour de la démarche d’un.e artiste de la collection du FRAC-Artothèque, favorisant le travail de recherches et d’échanges en petits groupes. La pratique repose sur la conception d’un support de médiation pour les publics d’une exposition fictive.