Marco Godinho
Exposition à découvrir
au rez-de-chaussée du Frac-Artothèque
du 08 avril
au 16 mai 2026
Entrée libre
Marco Godinho est né en 1978 au Portugal, il vit au Luxembourg. Son travail est marqué par l’expérience du déplacement et de l’exil. Il développe une œuvre liée au voyage, aux passages entre les lieux et les frontières.
Pour lui, le voyage n’est pas seulement un déplacement physique, mais une manière de vivre et de penser. Il s’intéresse à ce que signifie partir, habiter un lieu sans y être totalement attaché, et construire son identité entre plusieurs territoires.
Le temps est au cœur de sa pratique. Ses œuvres se construisent lentement et font apparaître des formes fragiles liées à la mémoire et à l’expérience vécue. Le corps y tient une place essentielle, à la fois outil, mesure et matière de l’œuvre.
Par des gestes simples et poétiques, Marco Godinho agit puis s’efface, en laissant seulement des traces de son passage.
Dans l’atrium, l’œuvre Remember What Is Missing, The Infinite House (page 5), 2019-2026, active une vaste étendue faite de poussière de tuiles concassées, récupérées du toit de sa maison-atelier en perpétuelle construction. Dans cette matière, des mots apparaissent et forment une nouvelle phrase extraite des écrits de l’artiste. L’œuvre forme ainsi un vaste tapis occupant au sol une surface équivalente à celle autrefois couverte par le toit.
Pour l’œuvre Disappear Disappear Again, 2019 – Marco Godinho a demandé à ce que, chaque matin, une personne différente de l’équipe du Frac-Artothèque efface ce qui a été écrit la veille au crayon et la remplace par une nouvelle phrase extraite des écrits de l’artiste. Pendant toute la durée de l’exposition la même action se répète, le mur se charge des traces des phrases effacées, une étagère accumule les débris de la gomme contenant la mémoire des mots disparus.
Enfin, pour l’œuvre Wandering With The Horizon At Your Fingertips, 2019, l’artiste marque le mur de ses empreintes digitales, à la portée la plus élevée de sa main droite, avec du manganèse dilué dans un encreur à tampons. Inspiré par une visite en 2019 de la grotte de Gargas et de ses empreintes de mains privées de doigts vieilles de plus de 27 000 ans, il formule l’idée que nous sommes devenus aujourd’hui des êtres de bouts de doigts. Il trace alors, avec son index droit, une ligne d’horizon à hauteur de son corps, comme une mesure personnelle de l’espace et du temps.
