Programmation vidéo : Nicola L
Diffusion d’une sélection de films
de Nicola L
Samedi 29 août 2026
de 10h à 19h
visible au sous-sol
à découvrir également :
le samedi 26 septembre
Films :
The Journey of the Blue Cape, La Havane, Cuba, 2002 – 12min02
The Blue Cape in Beijing, Pékin, Chine, 2005 – 02min07
La Cape du Blues, Saint-Sulpice, Paris, 2007 – 04min06
The Blue Cape of Human Rights, 2008 – 06min13
Penetrable Performances, Bruxelles, Belgique, 1970 – 13min37
The Red Coat For 11 People 70-09, localisations diverses, 2009 – 12min12
The Red Coat : Charlotte Moorman, New York, États-Unis, 1975 – 04min07
Penetrables Red Coat Beach Performance, 1975 – 11min15
Courtesy Nicola L. Estate
Nicola L
1932, Maroc – 2018, États-Unis
Telle une extension de son propre corps, l’œuvre de Nicola L propose un espace où le quotidien se transforme en terrain d’expérimentations. En brisant les stéréotypes de genre ainsi que les codes artistiques, son travail investit l’espace public pour interroger la porosité entre art et activisme. Pour Nicola L, le vêtement devient un vecteur de transformation et de déconditionnement identitaire, et de réinvention des liens sociaux où l’individu se confronte à son propre désir et à celui du groupe. Les pénétrables sont des sculptures à taille humaine, pensées à l’origine comme des œuvres participatives dans lesquelles les visiteur.ses glissent leurs membres ou leur tête, parfois aux côtés d’autres performeur.ses. Comme une seconde peau, cette cape collective engage une réflexion sur l’interdépendance de nos corps pour se rassembler ou percevoir autrement nos liens.
Chacune de ces performances sont des dispositifs de transformation : elles obligent à se confronter aux autres, à ressentir la tension entre fusion et séparation, entre désir et contrainte. Dans cette perspective, ses objets pénétrables ne sont pas seulement des sculptures interactives, mais des outils de révélation, des catalyseurs de nouvelles formes de relation.
Pendant la période d’activités commerciales du bâtiment, les sous-sols étaient dédiés aux espaces de travail où de nombreuses couturières-ouvrières ont confectionné des pièces en tissu. Tous les mois dans le cadre du programme curatorial Sans contrefaçon, anatomie d’un vêtement, une vidéo de cette programmation est projetée le samedi.
« Pour se défaire de certains cloisonnements disciplinaires, j’ai conçu cette programmation de vidéos, en dialogue avec les équipes du Frac Arto Nouvelle Aquitaine, afin de proposer un temps de réflexion sur le vêtement et le rapport intime que nous pouvons entretenir avec lui, à travers la performance et la danse. Entre mouvements, rituels, luttes et expérimentations tant joyeuses que militantes, ces quatre artistes internationaux — Royaume-Uni, États-Unis, Thaïlande — envisagent le corps humain comme un territoire d’exploration ou le vecteur d’une identité fluide et plurielle. Leurs œuvres vidéo ont pour point commun de réinventer le corps en tant que dispositif performatif à travers l’usage du vêtement. La frontière entre l’intime et le collectif devient floue. Corps et tissus se mêlent dans une dynamique à la fois sensuelle et politique. Comme se plaisait à dire Leigh Bowery :« Dress as though your life depends on it or don’t bother ! / Habillez-vous comme si votre vie en dépendait, ou ne vous déplacez même pas ».
Marianne Derrien
